• LAMIERA LAMIERA 2022 Interview

    UCIMU - Un soutien concret au secteur de l’industrie tôlerie italien, Regard sur l’année 2022 et Tendances industrielles

Soumis par benoit.cantin le mar 23/08/2022 - 13:31
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  • Cette année, Metal-Interface a été invité par MAECI, ICE-Agenzia et UCIMU à visiter LAMIERA, un salon international dédié au travail de la tôle qui s'est tenu du 17 au 21 mai 2022 à Milan.

    Barbara Colombo, Présidente UCIMU - Italie
    Barbara Colombo, Présidente UCIMU


    Profitant de l'occasion pour remercier encore une fois les organisateurs pour l'accueil qui nous a été réservé, nous vous proposons ci-dessous l'interview que Barbara Colombo, Présidente de l'UCIMU, a bien voulu nous accorder. Elle explique comment l'association est structurée, ses fonctions et la manière dont l’UCIMU intervient pour soutenir le secteur en temps normal ou lors de situation de crise, comme celle générée par le contexte actuel, mais aussi son implication dans le développement des technologies du futur.
     

  • Qu'est-ce que l'UCIMU-SISTEMI PER PRODURRE et comment est-elle organisée ?

    L'UCIMU est l'association des fabricants italiens de machines-outils, de robots, d'automatismes et de produits auxiliaires (CN, outils, composants, accessoires), explique Barbara Colombo, et, en tant que telle, en plus d'être la représentante officielle du secteur, UCIMU s'efforce de fournir un soutien aux entreprises dans leurs activités quotidiennes.

    L'association est divisée en plusieurs départements qui gèrent différents aspects :
    •    le Bureau de presse, qui s'occupe des relations avec la presse, utile en particulier pour dialoguer avec les institutions gouvernementales, en alertant sur les problèmes du secteur et en essayant, par exemple, d'obtenir une réponse législative adéquate par des propositions de lois ;
    •    le Département Marketing, qui intervient au niveau international, en relation avec l'ICE (Agence pour la promotion à l'étranger et l'internationalisation des entreprises italiennes), avec des actions visant à soutenir le développement international des entreprises ;
    •    le Bureau des Études Économiques, qui a pour mission l’élaboration des statistiques sur les données économiques du secteur, l'interface avec d'autres associations professionnelles au niveau international, et la mise en œuvre de projets innovants, comme celui, récent, sur la budgétisation durable ;
    •    le Bureau Technique, qui fournit des conseils sur les tendances technologiques actuelles, comme par exemple la fabrication additive ;
    •    L'Office des Foires Commerciales organise les événements de référence du secteur en Italie. Outre Lamiera, BI-MU, est un salon dédié à l'industrie des machines-outils dans les domaines de la découpe, du formage et de la fabrication additive des métaux, des robots, de la fabrication numérique et de l'automatisation. Puis, au nom de l'Association européenne des constructeurs de machines-outils, l’office des foires organise l'édition italienne de l'EMO, l'exposition mondiale sur le travail des métaux, qui se tient alternativement à Milan et à Hanovre ;
    •    et enfin, il y a la Direction Générale, qui coordonne l’ensemble et est responsable, en particulier, du lobbying et de la représentation auprès des institutions italiennes et étrangères.

    Salon Lamiera

     

  • Comment l'UCIMU intervient-elle dans le secteur de la tôlerie ?

    L'UCIMU travaille au nom de l'ensemble de l'industrie italienne de la tôle. Nous pouvons dire avec fierté que les mesures « Industria/Impresa/Transizione 4.0 » destinées à encourager les investissements dans les nouvelles machines-outils et les technologies numériques et interconnectées portent la signature de l'UCIMU, et sont opérationnelles depuis plus de cinq ans maintenant. Pour le moment, le gouvernement italien a défini la validité de cette mesure de crédit d'impôt pour l'achat de nouvelles machines 4.0, jusqu'en 2025. Il reste donc encore 2 ans, et ensuite, nous travaillerons sur l'avenir de ces incitations.
     

  • En parlant de l'avenir proche, comment imaginez-vous les années 2022-2023 pour le secteur ?

    Pièces en tôleL'Italie a commencé l'année 2022 avec un carnet de commandes très important, se souvient Barbara Colombo - avec 10 mois d'activité d’avance contre 5 habituellement. Ainsi, nous pensions qu'en 2022, nous allions battre tous les records. Puis la crise en Ukraine a rebattu les cartes, provoquant un effondrement des approvisionnements, tant sur les matières premières, que sur les composants électroniques et électriques. A cela, s’est ajouté des hausses de prix, notamment sur les matières premières, qui affectent le résultat d'exploitation des entreprises. Nous ne savons donc toujours pas, comment l’année 2022 se terminera, néanmoins les perspectives restent bonnes.
     

  • Les stratégies mises en œuvre pour remédier à la crise actuelle se situent donc principalement au niveau des gouvernements ?

    Le gouvernement, certainement, mais pas seulement ! Chaque entreprise s'organise pour diversifier ses sources d'approvisionnement et aussi pour envisager des solutions techniques alternatives, en optant par exemple pour de nouveaux composants, différents des composants habituels, qui sont actuellement indisponibles sur le marché ou qui sont accessibles avec des coûts trop importants.

    Les entreprises italiennes sont habituées à réviser leurs projets au fur et à mesure, ce qui représente un avantage très important face à des concurrents étrangers moins flexibles.
     

  • Toujours en parlant de l'avenir, quelle est, selon vous, la stratégie de l'industrie vis-à-vis de l'usine intelligente ?

    Digitalisation de l'industrie tôlerieLa numérisation de notre secteur suscite, de la part des  industriels, un intérêt particulier. En comparant l’évolution du parc machines des industriels sur les cinq dernières années, nous avons constaté une augmentation considérable de la numérisation des machines, par l’achat d’équipements de nouvelle génération. Ainsi, sur la période 2010 à 2014, 40 000 nouvelles machines ont été achetées, sur la période 2015-2019, plus de 60 000, soit une augmentation de 50%. En outre, dans la dernière enquête (2015-2019), 54% des machines des usines étaient équipées de commande numérique, or dans l'enquête précédente (2010-2014), la part s'élevait à seulement 32%.
     

  • Le domaine de l’industrie tôlerie avance t’il aussi vite dans la numérisation que les autres secteurs?

    Absolument. Pour la numérisation, mais aussi pour l'automatisation, il suffit de regarder les stands : il y a beaucoup de robotique, pour l'alimentation des machines, c’est-à-dire le chargement et le déchargement des tôles. Pour l'automatisation, c'est moins évident, mais on constate également une augmentation des investissements dans ce domaine. Sans parler du soudage, qui est lui aussi désormais robotisé, pour répondre également au manque d'opérateurs.